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Revenus fonciers : quelles charges sont réellement déductibles ? 

Au moment de la déclaration des revenus locatifs, le bailleur dispose d’un levier essentiel d’optimisation fiscale : la déduction des charges. Encadré par l’article 31 du Code général des impôts, ce mécanisme obéit à des conditions strictes. 

Les dépenses doivent être directement liées à un bien donné en location, être justifiées par des pièces justificatives et exclure toute dimension personnelle. Dès lors, quelles charges peuvent effectivement être retranchées des revenus fonciers ? 

Le préalable : le choix du régime fiscal 

La portée des déductions varie selon le régime d’imposition applicable. 

En régime réel, obligatoire au-delà de 15 000 euros de revenus fonciers annuels (ou sur option), le bailleur peut déduire l’intégralité des charges effectivement supportées au cours de l’année. Si ces charges excèdent les recettes, un déficit foncier se forme. Celui-ci est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des années suivantes. 

À l’inverse, le régime micro-foncier, applicable lorsque les revenus n’excèdent pas 15 000 euros, repose sur un abattement forfaitaire de 30%. Ce dispositif simplifié exclut toute déduction réelle : les charges effectivement supportées (entretien, gestion, etc.) sont réputées couvertes par cet abattement forfaitaire, sans possibilité de les individualiser. 

Les dépenses déductibles en régime réel 

Plusieurs catégories de charges peuvent être retenues. 

  • Les travaux 

Sont déductibles les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration, à condition qu’ils n’affectent pas la structure de l’immeuble. Il s’agit notamment des interventions visant à maintenir le bien en bon état ou à en améliorer le confort (remplacement d’une chaudière, réfection de toiture, modernisation des équipements).  

En revanche, les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement, qui modifient la consistance ou le volume du bien, demeurent exclus. 

  • Les charges de copropriété 

Pour les biens situés en copropriété, les provisions versées au syndic sont déductibles l’année de leur paiement. Une régularisation intervient ultérieurement afin de réintégrer la fraction non déductible, notamment celle récupérable auprès du locataire. En matière de location meublée relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), seules les charges effectivement supportées et non récupérables sont admises en déduction. 

  • Les frais d’entretien et de réparation 

Ils recouvrent l’ensemble des dépenses nécessaires à la conservation du bien : remise en état des sols, réparation des installations, maintenance courante. Certaines dépenses initialement mises à la charge du locataire mais finalement supportées par le bailleur peuvent également être déduites. 

  • Les travaux d’amélioration 

Ils visent à accroître le confort sans modifier la structure du bien : installation d’un ascenseur, d’un système de chauffage central, d’un interphone, de dispositifs de sécurité ou encore travaux d’aération. Là encore, l’absence de modification substantielle du gros œuvre constitue une condition déterminante. 

Les autres charges déductibles 

Outre les travaux, plusieurs dépenses courantes peuvent être retranchées : 

  • Les primes d’assurance (assurance propriétaire non occupant, garantie loyers impayés, garantie universelle des risques locatifs) ;  
  • Les frais de gestion et de procédure (rémunération des gardiens ou des concierges, frais de contentieux) ;  
  • Les intérêts d’emprunt ainsi que les frais accessoires liés au financement de l’emprunt (constitution de garantie, frais de dossier) ;  
  • Les impositions afférentes au bien, telles que la taxe foncière.